Prix du carburant en 2026 : où en sont essence et gazole ?

Maxime

13 août 2026

Automobiliste faisant le plein dans une station-service en 2026

Le gazole au-dessus de 2,15 € le litre, le SP95-E10 tout près de 2 € : faire le plein coûte de nouveau très cher en 2026. Au 7 août, les moyennes nationales atteignent 2,1690 €/l pour le gazole et 1,9762 €/l pour le SP95-E10. Pour un plein de 50 litres, cela représente environ 108,45 € en diesel et 98,81 € en E10.

Le plus frappant reste le chemin parcouru depuis janvier. L’année avait commencé autour de 1,63 € pour le gazole et 1,67 € pour l’E10. La crise au Moyen-Orient a depuis bouleversé le marché pétrolier. Et malgré quelques périodes de repli, rien ne permet encore de considérer la baisse comme durable.

La synthèse du mag’ :

  • Au 7 août 2026, le gazole coûte en moyenne 2,1690 €/l en France métropolitaine, contre 1,9762 €/l pour le SP95-E10.
  • Depuis janvier, la hausse est particulièrement forte pour les automobilistes roulant au diesel : la moyenne mensuelle est passée de 1,6344 €/l en janvier à 2,1690 €/l début août.
  • Une détente reste possible d’ici la fin de l’année si les flux pétroliers se normalisent, mais le rebond du Brent observé en août montre qu’annoncer dès maintenant un retour durable aux prix d’avant-crise serait prématuré.

Combien coûte réellement le carburant en août 2026 ?

Les dernières moyennes nationales publiées par la Direction générale de l’énergie et du climat portent sur le vendredi 7 août. Elles concernent la France métropolitaine hors Corse.

CarburantPrix moyen au 7 août 2026
SP95-E52,0141 €/l
SP95-E101,9762 €/l
SP982,0556 €/l
Gazole2,1690 €/l
GPL-c1,0181 €/l

Ces moyennes masquent évidemment des écarts entre stations. Elles montrent néanmoins une situation assez inhabituelle : le gazole est désormais nettement plus cher que l’E10 et même que le SP98.

Une petite détente avait pourtant été observée par rapport au 31 juillet. En une semaine, la moyenne du gazole avait reculé de 2,2158 € à 2,1690 €/l, tandis que le SP95-E10 passait de 2,0235 € à 1,9762 €/l. Mais le marché pétrolier a de nouveau rebondi depuis. Le 11 août, le Brent évoluait autour de 88,67 dollars le baril, dans un contexte toujours très dépendant des négociations autour du détroit d’Ormuz.

Une année 2026 qui a changé de visage en quelques semaines

Les moyennes mensuelles permettent de mieux comprendre l’ampleur du mouvement.

Mois 2026SP95-E10Gazole
Janvier1,6738 €/l1,6344 €/l
Février1,6865 €/l1,6725 €/l
Mars1,8930 €/l2,0669 €/l
Avril1,9835 €/l2,2389 €/l
Mai2,0289 €/l2,1210 €/l
Juin1,9225 €/l1,9421 €/l
Juillet1,9634 €/l2,0523 €/l
Août*1,9762 €/l2,1690 €/l
* Données provisoires disponibles au 7 août.

La rupture intervient nettement entre février et mars. L’Insee la relie au conflit déclenché le 28 février entre les États-Unis, Israël et l’Iran et aux perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz, axe majeur pour les approvisionnements mondiaux en hydrocarbures.

La France est particulièrement sensible à ce type de choc puisqu’elle dépend à environ 99 % des importations pour sa consommation de pétrole. Une hausse du brut ou des produits raffinés internationaux finit donc par se répercuter sur les prix français.

Pourquoi le gazole est-il devenu plus cher que l’essence ?

C’est probablement ce qui surprend le plus à la pompe. Pendant longtemps, l’automobiliste français a associé diesel et carburant moins cher. En 2026, cette logique ne fonctionne plus.

Le 7 août, avant taxes, le gazole valait déjà en moyenne 1,20 €/l, contre environ 0,98 €/l pour le SP95-E10. Le différentiel existe donc avant même l’application de la fiscalité.

L’Insee souligne justement que le gazole a été davantage affecté par le choc pétrolier de 2026. Cette particularité pèse d’autant plus sur la France que son parc automobile reste davantage diésélisé que celui de plusieurs pays voisins.

Autrement dit, ce n’est pas une soudaine hausse de la fiscalité du diesel qui explique à elle seule l’écart actuel. Le coût du produit raffiné lui-même joue un rôle majeur.

Le prix du baril ne suffit pas à expliquer le montant affiché à la pompe

Voir le Brent perdre quelques dollars et attendre une baisse identique dès le lendemain à la station mène souvent à une déception.

Le pétrole brut n’est qu’une composante du prix. Il faut ajouter le raffinage, les cotations internationales de l’essence et du gazole déjà raffinés, le transport, le stockage, la distribution et enfin la fiscalité. Les délais de renouvellement des stocks varient aussi selon les stations et les réseaux.

Camion-citerne livrant du carburant dans une station-service

La DGCCRF a d’ailleurs publié un suivi spécifique des marges de transport et de distribution pendant la crise. Entre le 1er mars et le 9 août, leur moyenne est estimée à 27,1 centimes par litre pour le gazole et 27,0 centimes pour le SP95-E10. Sur janvier et février, avant la crise, elle était respectivement de 28,1 et 29,6 centimes. Le Gouvernement estime donc qu’à l’échelle nationale ces marges restent globalement équivalentes à leur niveau d’avant-crise.

Cela ne signifie pas que toutes les stations pratiquent les mêmes marges. Les coûts logistiques, le volume vendu, la concurrence locale ou encore la situation d’une station sur autoroute ou dans une zone montagneuse peuvent créer des différences importantes.

Les taxes expliquent-elles à elles seules les prix élevés ?

Non. Elles représentent une part importante du prix final, mais leur existence n’explique pas pourquoi le carburant s’est brutalement renchéri entre février et avril.

Le tableau de la DGEC permet de le voir très concrètement. Le 7 août, le SP95-E10 coûtait 0,9766 € hors toutes taxes et 1,9762 € TTC. Pour le gazole, les valeurs étaient respectivement de 1,20 € et 2,1690 €. L’écart correspondant aux taxes atteint donc environ 1 € par litre d’E10 et 0,97 € par litre de gazole.

Une partie de la fiscalité est fixe par quantité de carburant, tandis que la TVA dépend du prix. La flambée de 2026 vient donc surtout se superposer à une fiscalité déjà présente, et non d’une multiplication soudaine des taxes à chaque hausse du pétrole.

Peut-on espérer une vraie baisse d’ici la fin de 2026 ?

C’est possible, mais certainement pas garanti.

Dans ses dernières perspectives, l’Energy Information Administration américaine retient un Brent autour de 85 dollars le baril en moyenne au troisième trimestre 2026, puis environ 78 dollars au quatrième trimestre. Ce scénario suppose toutefois une reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz et le redémarrage d’une partie des productions interrompues.

Il faut donc bien le lire comme un scénario et non comme une promesse de prix à la pompe. Les événements du début août illustrent parfaitement cette fragilité : après plusieurs séances de baisse sur des espoirs diplomatiques, le pétrole est brutalement reparti à la hausse lorsque la perspective d’un accord rapide s’est éloignée.

Même si le Brent revenait vers 78 dollars en fin d’année, cela ne permettrait d’ailleurs pas de calculer mécaniquement un futur prix du litre. Les cotations des produits raffinés, le taux de change euro-dollar, les stocks et les coûts de distribution continueront de jouer.

Pour l’automobiliste, le meilleur réflexe reste donc de raisonner sur les prix réellement affichés autour de chez lui plutôt que d’attendre un hypothétique jour idéal pour remplir le réservoir. Le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr recense les tarifs déclarés par les stations concernées et impose une actualisation lorsqu’un prix change.

FAQ

Où vérifier le prix du carburant le moins cher près de chez soi ?

Le site officiel prix-carburants.gouv.fr permet de comparer les tarifs déclarés par les stations. Pour les points de vente commercialisant plus de 500 m³ de carburants concernés par an, la déclaration et la mise à jour du prix lors de ses changements sont obligatoires.

Une baisse du pétrole fait-elle baisser immédiatement le carburant ?

Non. Les stations doivent tenir compte du prix des produits raffinés qu’elles achètent, de leurs stocks et de leur rythme de réapprovisionnement. Les délais peuvent donc varier d’un réseau ou d’une station à l’autre.

Pourquoi deux stations proches peuvent-elles afficher des prix différents ?

Les coûts logistiques, le volume vendu, la concurrence locale et le modèle du distributeur diffèrent. La DGCCRF relève notamment des niveaux de coûts différents entre grande distribution, grands réseaux pétroliers et indépendants.

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